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 i shouldn't cry, i shouldn't cry -- yano

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MessageSujet: i shouldn't cry, i shouldn't cry -- yano   Ven 5 Déc - 23:51

i said it was nothing and shut my mouth
nom ▬ Amane
prénom ▬ Yano
sexe ▬ Féminin
surnom ▬ A voir, souvent gamine.
âge ▬ 17
date de naissance ▬ 05/01
orientation sexuelle ▬ Hétéro
groupe sanguin ▬ AB
occupation ▬ Collectionne des informations diverses et répond aux questions.
groupe ▬ Solitaires
Answering Eyes ▬ permet de répondre aux questions posées par d'autres. Les réponses restent un moments en tête avant de disparaître.
cause de mort ▬  Noyade

__________

prénom/pseudo ▬ toujours Math/Misa
âge ▬ 15 erf
sexe/genre ▬ lol
comment as-tu connu le forum? ▬ j'y ai vraiment réfléchi l'autre jour mais j'arrive pas à me souvenir ça me stresse
comment tu le trouves? ▬ toujours beau
doubles comptes? ▬ beaucoup, misa and co'
faceclaim/avatar ▬ Komugi - Hunter x Hunter
autre ▬ pourquoi je me fais encore chier à remplir cette partie, tout le monde me connaît quoi. Je vais avoir des lunettes aussi, je trouve ça cool et n'oublions pas que je suis drôle.
Yano, petite jeune fille d’environ 17 ans, petite silhouette perdue à travers la foule, les composants de la jungle urbaine à laquelle elle ne s’intègre pas vraiment, un peu comme l’ingrédient qui ne pourrait s’intégrer à un mélange homogène, pour exagérer un peu tout cela de façon drastique.

Pourtant Yano n’est pas vraiment asociale, ni retirée de la société et de l’agitation en général. Non la demoiselle est simplement silencieuse, elle n’ébruite pas son existence, passant sans bruit à travers les âges. Si on la remarque tant mieux. Si on ne la remarque pas, elle ne fera rien pour attirer l’attention, comme profitant d’une couverture, d’un prétexte pour rester à l’écart de ceux qui auraient pu figurer dans ses relations.

D’une certaine façon, Yano est réservée. Pas au point de fuir la compagnie et les individus non, la jeune fille n’est pas vraiment du genre à se défiler. La demoiselle ne fait qu’agir si elle en a besoin, pareil pour la parole et à peu près tout. Yano est opportuniste, un peu trop opportuniste, attendant l’occasion pour faire avancer ne serait-ce qu’un peu sa vie, son existence, pour s’amener à quelque chose d’autre, pour découvrir de nouveaux horizons.

Mais derrière cette jeune fille discrète et à qui l’attention ne sied pas, il y a Yano, la vraie si on peut s’exprimer ainsi. Parce que cette demoiselle, elle a tendance à se cacher, à cacher les choses, à empiler les secrets. Collectionneuse de secret, amatrice d’informations diverses et variés, et tout cela pour son seul plaisir. Mais Yano n’est pas forcément la meilleure personne qui soit, alors les informations qu’elle amasse, elle les revend quand elles en valent la peine. Et il faut croire que la demoiselle possède un certain flair de ce côté-là, réussissant à merveille ce petit marché de secrets et d’informations, offrant tout cela à n’importe qui y met la somme. Yano n’est pas stupide, elle a bien compris que la seule valeur sûre de ce monde se trouvait être l’argent. Certaine cupidité de la part de la discrète demoiselle, amassant les pièces et billets pour son seul plaisir, ne possédant aucun but derrière tout cela.

L’albinos se retrouverait facilement avec l’étiquette cupide, sans pour autant vraiment l’être pour autant. Yano ne recherche pas particulière l’argent, elle ne fait que l’amasser, et le garder précieusement. Non, la demoiselle n’est pas cupide, la demoiselle est en revanche avare et peu prêteuse. Enfin tout est relatif, on prête aux gens qu’on tient près de son cœur, et Yano ne fait pas exception à la règle, amassant pour redonner à ses proches.

C’est aussi une caractéristique de la jeune fille, d’avancer sans vrai but. Parce que Yano est une indécise, la demoiselle ne sait pas ce qu’elle veut, elle erre à encore et encore à la recherche d’un objectif qui s’éloigne encore et toujours plus loin. C’est sûrement pour cela qu’elle collecte les informations, pour tenter de trouver un but à travers tout cela, sans succès pour le moment, continuant de se fondre dans les foules, de rester discrète. Ceux qui ne peuvent trouver une raison de vivre doivent fermer leur gueule, c’est ce que Yano se répète, c’est ce qu’on lui a répété, comme une douce litanie, une vérité absolue.

Mais Yano, c’est aussi quelqu’un de naturellement doux, quoique attentionnée seulement avec ses proches et amis, loin du bon samaritain. Apparaissant gentille, un sourire presque chaleureux sur ses lèvres, des yeux fermés reflétant une espèce de faiblesse, une douceur certaine. Elle apparait faible cette demoiselle, fragile au point de pouvoir être brisée par les mots facilement. Pas tout à fait faux, sans être pour autant la vérité. Yano est plus forte qu’il n’y paraît, plus résistante aux mots et maux qu’il pourrait paraître. Ou plutôt, si la demoiselle est blessée ou souffre de quelque façon que ce soit, jamais elle ne le dira. Ne causer d’ennui à personne en parlant de soi, ne pas parler de ses problèmes pour ne pas paraître orgueilleuse, ne pas se faire remarquer par des plaintes, ainsi raisonne la pseudo-albinos. C’est un peu triste de refuser de l’aide de cette façon, surtout quand on n’est pas pourri au point de ne pas la mériter.

Yano, ce n’est pas une mauvaise personne après tout, enfin pas trop. Elle ne pense jamais à mal, ne tente jamais de nuire à qui que ce soit, simplement parce que la jeune fille n’aimerait pas qu’on lui fasse du mal. Sûrement une façon de penser naïve, et elle le sait très bien Yano, elle sait très bien que ça finira par lui porter préjudice, mais elle prétend ne pas le voir, jouant la carte de l’idiote. Parce que simuler, c’est une des choses qu’elle fait le mieux. Prétendre n’être qu’une gentille et naïve idiote, simplement utile par son petit marché d’information, c’est le quotidien de la jeune fille, assez ridicule en soi.

Et tout ça marche, preuve que la jeune fille est intelligente, et pense bien. Yano, elle a toujours été dans le top des classements à l’école, toujours dans les premiers, possédant des facilités, énormément de facilités et de potentiel peu exploité. Et c’est une partie de tout cela qui a sûrement fait que la jeune fille a abandonné l’école. Car la demoiselle est déscolarisée à ce jour, et ne compte pas vraiment retourner étudier, considérant tout cela comme perte de temps et un peu trop ennuyant à ses yeux. Et c’est dommage, c’est un peu du gâchis, Yano elle aurait pu être un rouage de la société que tant de gens déteste avec près de 150 de QI. Ça s’appelle une surdouée ça, qui s’en vante pas et qui n’en profite même pas si ce n’est pour collectionner quelques secrets, que de gâchis.

Après quoi, la demoiselle reste quelqu’un de relativement normal, quoiqu’un peu trop émotive. Quand c’est trop dur, elle pleure, quand elle est contente, elle rit et ainsi de suite, suivant toujours une certaine logique, une certaine forme de constance. Mais elle pleure assez facilement malgré tout cette jeune fille, malgré le fait que les larmes qui roulent sur ses joues l’insupportent, simplement comme rappel qu’elle n’est ni forte, ni importante. Elle sait qu’elle a tendance à trop s’appuyer sur les autres et à se dévaloriser, elle sait aussi que peu de gens ont vraiment besoin de sa personne, qu’elle est relativement inutile, qu’elle a peu d’amis et de proches, tout ça, Yano ne le sait que trop bien.

Et pourquoi Yano serait-elle aussi inutile ? Parce que Yano en plus d’être faible physiquement, elle a une vue basse, très basse. Pas aveugle, mais pas loin non plus, Yano est malvoyante car albinos, possédant une acuité visuelle inférieure à 2/10ème. Et c’est là la raison pour laquelle la jeune fille garde ses yeux fermés, parce que sinon elle est persuadée qu’ils s’abimeront encore plus, ou peut-être simplement parce que c’est comme ça, qu’elle préfère prétendre être aveugle que malvoyante, que ça attire moins de problèmes de cette façon. Enfin la demoiselle est albinos certes, mais pas totalement non plus, se gardant bien des yeux rouges.

Enfin, il arrive aussi que les yeux de Yano soient rouges, mais c’est ici un phénomène peu naturel. Rouges quand on lui pose une question, qu’elle ne connaît pas la réponse, et qu’en échange de quelques pièces, elle utilise sa capacité pour éclairer les esprits. Répondre aux questions des autres, c’est là le pouvoir de Yano, celui sur lequel en plus de sa culture, repose une grande partie de son commerce d’information. Le perdre serait d’après l’albinos un grand malheur, sur de nombreux points. Parce que c’est une habilité utile, même si elle ne peut répondre à ses propres interrogations, tant pis, c’est comme ça, c’est le destin.

Niveau des goûts, rien de particulièrement remarquable. La jeune fille aime la simplicité, ainsi ne met pas ce qu’elle aime en avant, pour ne pas trop se faire remarquer. Elle préfère les valeurs dites traditionnelles, sans pour autant détester tout ce qui se rapporte au moderne. Non de ce côté-là, c’est juste que la demoiselle est nulle avec la technologie, mais vraiment, dans le sens incapable de se servir d’un portable ou d’un ordinateur. Après quoi, Yano reste une fille, et une fille ça a tendance à aimer les choses mignonnes, l’albinos ne faisant pas abstraction à la règle, malgré ses occupations étranges par moment, et sa passion pour la collecte d’informations.

En conclusion, Yano c’est quelqu’un d’assez simple. Parce que la jeune fille suit une logique toute tracée, qui lui permettrait de trouver un but, des occupations, ce genre de choses. Trouver quelques amis au passage ne lui déplairait pas, étant assez seule en général, pauvre petite.
1m51 ▲ 40kg ▲ blanc-argent ▲ bleu-vert ▲ pâle, maladif ▲ odeur de frangipane ▲ vêtements simples dans des teintes claires ▲ toujours les yeux fermés ▲ passe pour aveugle ▲ toujours avec une canne ▲ sait pas se coiffer et ça se voit ▲ gros sourcils ▲ souvent le nez qui coule ▲ pas très résistante physiquement et ça se voit aussi ▲ tombe tout le temps malade ▲ pas spécialement belle mais certain charme malgré tout ▲ moins de 2/10è à chaque œil après correction ▲ porte des lentilles ▲ ouvre rarement ses yeux parce qu’accommoder et la lumière ça fatigue ▲ ambidextre ▲ étonnamment assez adroite de ses mains ▲ aucune endurance, ou capacités physiques
C’est un homme qui s’approche. La jeune fille ne le voit pas et ne peut donc pas le deviner par la vision, mais le rythme de ses pas en dis déjà long sur sa silhouette et corpulence. De par ce qu’elle entend, Yano déduit que l’individu de sexe masculin doit avoir plus ou moins la vingtaine, et vu la cadence lente de ses pas, doit être soit un peu fort soit fatigué, et donc dans le cadre de la seconde possibilité, posséder des cernes ou marque attestant de la fatigue. Il s’approche lentement, la demoiselle compte les pas qui s’enchaînent avant de déduire que le nouveau venu doit se trouver face à la caisse sur laquelle elle est assise, sa canne usée à ses pieds, prête à travailler à sa façon.

-C’est toi la gamine qui vend des informations ?

Et ce n’est que maintenant que la petite Yano ouvre ses yeux, ses grand yeux bleu-vert, vides et dénués de toute émotion.  Ils font peur les yeux de Yano, la plupart des gens reculent à cause du gouffre présent dans ces iris. Pour certain ça signifie que la jeune fille n’a pas eu une vie facile, mais la vérité est telle qu’en fait c’est surtout car la demoiselle n’y voit rien. Penchant la tête sur le côté dans un geste enfantin, elle affiche un sourire, et renifle avant de prendre la parole, éternelle enrhumée que voilà.

-Tout est relatif.

Balançant ses petits pieds humblement chaussés de chaussettes amples et ballerines au-dessus de la caisse, l’albinos prend une seconde pour inspecter la rue dans laquelle elle a encore une voix élu domicile pour un jour. Les passants dans une rue perpendiculaire plus large représentent un tout autre monde, bien éloigné de la petite Yano et de son petit commerce. Elle n’a pas encore les tripes de se mêler à la foule, parce qu’elle finirait inexorablement noyée sous la normalité des autres individus, et que ça l’effraie, simplement. Pour l’instant, la crasse et la poussière de cette petite rue ou se battent parfois quelques chats pour manger, lui suffit amplement, jusqu’au jour ou enfin elle sera prête à agir en société, à briller par ses propres moyens. Inspirant longuement et lentement, sentant les battements de cœur résonner à ses oreilles, preuve qu’elle est en vie, l’albinos relève doucement la tête, et encore plus doucement ouvre les yeux pour fixer l’autre.

-Alors, quelle est ta question ?..

Fixé, l’homme est fixé par la demoiselle dont la vue ne lui permet pas de vivre pleinement, fixé par la gamine qui recherche encore un but dans sa vie insignifiante, fixé par la jeune fille qui vendrait des informations même au pire des connards pour peu qu’il la paye. La petite Yano le fixe sans émotions particulière de ses iris rouge, tout comme le sang du crâne d'un gamin, éclaté par un 15 août humide après la pluie du matin.

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L’histoire d’Amane Yano commence par une journée d’hiver, ou les flocons recouvre le sol de leur froid manteau blanc, plus pur que la pureté elle-même, comme pour laver là toute la bêtise de l’Homme répandu sur cette terre innocente, simplement victime du cycle de la vie. Un hiver plus froid que les autres, ou alors comme tous les autres, les souvenirs de l’an passé emporté avec le temps, car le temps emporte tout, autant la douleur et le malheur que le bonheur et les sentiments heureux. Cruel le temps, tellement cruel qu’on souhaiterait qu’il s’arrête une bonne fois pour toute, un souhait bien enfantin qui ne saurait trouver sa place dans la triste réalité. Et donc, la petite Yano a poussé son premier cri par un 5 janvier, en amenant déjà avec elle un fragment de cette triste réalité, l’albinisme. Yano est albinos, cela confirmé par sa blanche chevelure, sa santé plus que faible, mais dans son cas surtout, une vue extrêmement mauvaise. Enfin albinos, mais pas totalement non plus, s’épargnant la peine des yeux rouges, par erreur de pigmentation, écopant ainsi d’un bleu-vert. Un début triste pour certains, heureux pour d’autres, dans un monde ou tout est sujet à la relativité et rien n’est sur.

L’enfant grandit dans un petit village entouré de champ et plantation, un lieu ou l’on cultive le riz comme dans les histoires clichées. Ici, on ne parle pas de la ville, car la ville est mauvaise, la ville pervertie les hommes et leur cœurs, pour ne laisser plus que des bêtes avides de gloire, abandonnant toute fierté et humanité. Alors dans ce petit village isolé, on se serre les coudes, on prône l’esprit de la communauté, l’entraide et nombre de valeur profitable à l’individu humain en général. C’est un beau cadre pour grandir, éloigné de tout, et aussi de la réalité de la vie, de la mort et des souffrances. Quand on grandit dans un lieu représentant tout un monde et le seul existant, le reste devient vite bien noir et sombre, quand bien même il ne le serait pas.

Les parents de l’albinos cultivent les champs comme tout le monde, sauf quelques exceptions comme l’institutrice du village, apprenant aux enfants de tout âge comme le demande si sérieusement la loi, instance au-dessus de tout que l’on se plait à bafouer en riant. La loi comme la société est une mère blessée par ses enfants, qui ne peut que pleurer sur son sort et répéter un cycle sans espoir d’y échapper. Alors ses parents triment pour le bien de ce cycle, habitués à cette vie et lui accordant tant de bienfaits qu’elle en deviendrait pour un peu parfaite. D’après eux, elle est déjà mieux que celle des citadins, baignant dans le stress de la routine et du quotidien.

Mais quand bien même, la vue de la petite Yano inquiète, parce qu’elle n’est pas aveugle, mais pas vraiment voyante non plus, coincée entre les deux, comme incapable de faire un choix entre deux opposés. Ou plutôt, ayant fait le choix de ne pas en faire, tout simplement. Alors les parents de Yano vont voir un médecin, parce que malgré les aprioris, c’est là un couple de deux personnes admirables, à la fois aimable et aimantes, inquiète pour la petite à la chevelure de neige, tout simplement. Le médecin ne peut rien faire, alors on l’emmène consulter le médecin d’un autre village et ainsi de suite. Jusqu’à enfin consulter un spécialiste en la matière, comme si cela n’avait pas été le plus simple à faire en premier lieu. Et la vue de Yano est mauvaise, tellement mauvaise que c’en est risible, les dixièmes restant se comptant sur une main seule. Moins de 5, c’est ce qui lui reste déjà à moins de 5 ans, pauvre petite qui découvre trop jeune la cruelle nature du destin et de la fatalité. Et déjà une vue qu’on tente de corriger, lunettes, lentilles. Au final, seule la deuxième solution est conservée, plus pratique malgré le prix. Les parents comptent sur l’assurance, du moins un peu, parce qu’on leur fait de belles promesses avec ces contrats, ces offres de remboursement. Mais comme tout le monde, les parents se font avoir et peine à payer, parce que l’optique reste un domaine bien cher.

La suite de la vie de Yano, elle se passe doucement, tout doucement. Elle écope d’une bien faible santé, tout le temps couchée car malade, et ne supporte pas les travaux demandant trop grande force physique, risible quand la famille travaille dans les champs. Alors elle reste en retrait dans la maison de taille raisonnable aux tatamis et portes en papier de riz, se plongeant dans des lectures diverses. Les ouvrages viennent tous d’un même endroit, de chez l’institutrice du village, avec qui la petite Yano passe déjà ses journées, étudiant à l’école. Et l’école est amusante, on y apprend beaucoup de choses, et on lit beaucoup surtout, ça l’amuse énormément cette demoiselle, d’amasser les connaissances de cette façon. Mais en parallèle, son acuité visuelle baisse encore un peu, et elle sait déjà comme tout le monde que personne ne peut y faire quoi que ce soit, ainsi se décline sa nature. Alors la petite commence à simuler, à simuler d’être aveugle, à fermer les yeux, par peur que la lumière les abime ou qu’elle perde encore un peu plus la vue. C’est déjà le début de la grande farce de sa vie.

Yano a 7 ans, et déjà bien solitaire, avec ses yeux fermés et ses bouquins empilés. Elle n’ose pas vraiment approcher les autres, parce qu’elle a compris qu’elle était bien différente, que le monde que les enfants de son âge voyaient était loin d’être le même que le sien. Et donc la petite reste seule, aussi par commodité et parce qu’elle sait que les amis sont parfois traîtres, c’est du moins ce qui est dit dans les livres qu’elle se plait à lire. L’albinos s’enferme déjà dans une coquille aux rares interactions ; parents, maîtresse, voisins, et peu d’autres, préférant le silence au bruit, et la solitude de la même façon, car incapable de parler à quelqu’un sans être jalouse d’une certaine façon.

Et c’est là qu’un autre gamin l’approche. Il a son âge, et il habite proche, peut-être même le fils de voisins, elle ne le sait pas la première fois qu’il lui parle. Une belle histoire voudrait que le garçon lui adresse la parole car ayant remarqué sa solitude et désirant devenir son ami. Dans une belle histoire oui, dans celle de Yano, il lui demande simplement les devoirs après un jour d’absence à l’école, comme n’importe qui aurait pu le faire. Ce jour-là, la demoiselle est déçue, mais lui accorde quand même un coup d’œil pour l’évaluer, comme tout le monde, pour le tester et peut-être lui laisser une chance. Il est plus grand qu’elle, possède une tignasse brune aux nombreuses mèches rebelles, des taches de rousseur et des pommettes haute, avec comme un air amical. Et au milieu de ce visage, des yeux noisettes, reflétant la candeur de l’enfance mais aussi déjà une certaine force.

-T’es pas aveugle en fait du tout l’autre. T’as pas les yeux d’un aveugle. Les tiens y sont presque beaux t’sais.

Il l’a aussi observé, et ça la gêne, elle est honteuse, tellement qu’elle en rougit, et n’arrive plus à construire correctement une phrase, se contentant de lui passer son cahier sans plus d’indication, quelque part blessée dans sa fierté. Son nom, elle l’apprend plus tard, Akiyoshi, en rappel de l’automne qu’il gratifia de sa naissance et de son orgueil déjà présent.

Au début, les deux ne s’aime pas plus que ça, il l’embête, elle l’ignore et ainsi de suite. Yano ne l’aime pas, elle le trouve immature et insupportable, ne causant que problèmes et soucis, et ne supportant pas sa manie de lui demander ses cahiers pour copier les devoirs. Mais néanmoins, elle serait triste s’il l’oubliait ou disparaissait, constituant en quelque sorte son lien avec le monde, quoiqu’un lien bancal et près à être rompu pour pas grand-chose.

C’est lorsque qu’elle a 10 ans qu’ils deviennent amis, et ce jusqu’à ce que la mort les sépare, une fois, deux fois, et encore une fois. Comme Yano ne regarde rien, ne conservant déjà plus que 3 malheureux dixièmes, elle tombe souvent, ce genre de choses. Au début, Akiyoshi a un peu pitié, puis il finit par l’aider, sans réelle raison, juste parce que c’est pas un gamin méchant ni un con au fond, et qu’il voit ça comme une bonne action. Et bientôt les deux deviennent inséparables, au point de tout faire ensemble, devoirs et études, loisirs et ce genre de choses, comme une amitié entre deux enfants qui se complètent, l’un effaçant les défauts de l’autre par ses qualités, et vice-versa. C’est lui qui lui offre la canne également, par acquis de conscience et pour qu’elle puisse se débrouiller un peu toute seule, quoique continuant de compter sur l’aide de son ami.

Aki, comme elle se plait à le surnommer, c’est un garçon comme beaucoup d’autres, un peu impulsif par moment, un peu stupide par moment aussi, mais une véritable bonne personne en profondeur. Parce qu’il a eu la gentillesse de s’intéresser et de rester avec l’albinos qu’est Yano, sans trop se plaindre de sa vue défaillante, de sa santé l’obligeant souvent à garder la chambre, et du fait qu’elle préfère rester à l’intérieur. Alors certes, il a parfois fallu lui expliquer quelques notions, comme le fait que la demoiselle se refuse catégoriquement à ouvrir les yeux, plus par habitude qu’autre chose.

-Hmmm… Mais c’est chiant au final c’te truc…
-C’est la vie, pas toujours un long fleuve tranquille tu sais.

Alors le garçon réfléchit un instant, avant de revêtir un grand sourire, celui de l’imbécile ayant eu une idée géniale, une illumination. La plupart du temps dans le cas du brun, ce sont des mauvaises idées qui finissent  toujours par causer du tort à quelque personne. Mais juste pour cette fois-ci, on verra cette idée comme à classer dans la bonne catégorie, celle des bonnes idées. C’est rare mais tout peut arriver après tout.

-Ben je serai ton guide alors. Genre quand t’auras pas la canne, j’te prendrai la main pour pas qu’tu casse la gueule t’vois.

Et il avait rougi, détourné le regard, pour cacher sa gêne, avant de se gratter la tête, tentative de dissimulation de son embarras. Elle aussi avait rougi, baissé la tête avant de sourire, sourire chaleureux, une jeune fille reconnaissante que voilà.


C’est par un 15 aout, alors que les deux ont alors 13 ans que le garçon expose une nouvelle idée, comme il en a l’habitude, de nature aventureuse et quelque peu impulsive, comme nombre de garçon de son âge.

-Tu veux pas qu’on aille voir les lucioles ce soir ? C’est joli à voir t’sais.

L’albinos lui signale qu’elle ne comprend pas vraiment par un ah quelque peu interrogatif. Il connait bien mieux la région qu’elle c’est un fait, parce que la demoiselle préfère rester à l’intérieur à collecter des informations, à lire des livres encore et encore, à la recherche de toutes les connaissances existantes, comme Pantagruel sous la demande de son père. Elle en veut toujours plus Yano, elle n’est pas satisfaite facilement.

-Les lucioles ?
-Ouais, y’a un arbre de l’aut’ côté de la rivière, elles viennent toutes d’ssus et c’est pas mal à voir. J’t’aiderai à traverser t’inquiètes.

La rivière, Yano n’est pas capable de la traverser seule, elle ne voit pas assez clair pour. Et puis l’albinos entend souvent que le courant est un peu fort par endroit, ne sachant pas nager c’est une perspective qui l’inquiète, sachant très bien qu’elle pourrait facilement se noyer. Elle sait de par Akiyoshi que des rocher dépassant de l’eau permettent de passer sans trop être mouillé et sans trop de risques, alors c’est presque avec soulagement de la présence d’un si bon guide que l’albinos accepte, quelque peu intriguée par le spectacle promis par son camarade de toujours.

Ce n’est même pas la première fois qu’il lui parle de ce fameux arbre à lucioles, qu’il décrit comme une des merveilles du monde, garçon tout le temps dans l’éxagération, comme n’ayant rien de mieux à faire. Il a déjà raconté à la malvoyante qu’il l’avait trouvé en se perdant dans la forêt, comme il arrive si souvent à le faire. Comme Akiyoshi se plait à le répéter, il est un homme d’action et à besoin d’explorer et d’aventure. Un village et les champs alentours ne saurait satisfaire sa curiosité de l’extérieur, d’où de nombreuses balades à droite et gauche, pour découvrir toujours de nouvelles choses. Une fois, c’était des oiseaux ou un terrier de lapins, une autre un endroit ou le soleil semble se refléter sur l’eau créant ainsi une surface brillante telle du cristal. Dans tous les cas, le garçon avait ce don pour trouver des choses pour le simple plaisir des yeux, des lieux dont la vue redonne le sourire, à la façon d’un simple remède miracle.

Aussi, c’est avec le sourire que le garçon lui prend la main, comme hier et aujourd’hui, comme toujours dans ce geste réconfortant que la demoiselle chérit tant, celui qui lui permet de croire en une amitié qui durera toujours, encore aujourd’hui et demain. Yano a peu d’amis mais les chérit presque plus que sa propre vie, prônant les valeurs de l’amitié et la bonté. Le jour ou la jeune fille se mettra comme les autres à aimer l’argent et le prestige, elle sera devenue quelqu’un de mauvais, c’est la conclusion à laquelle elle est rapidement arrivée après analyse de comportements et lectures. Et à travers les petits chemins et la forêt verdoyante qu’elle ne regarde pas, Aki la traîne doucement, faisant attention aux potentiels endroits ou elle pourrait se prendre les pieds et tomber. Il sait que sa constitution est bien faible et qu’il suffirait d’une chute pour qu’elle écope d’un os cassé, ami bien attentionné que voilà.

Bientôt, les deux s’arrêtent, et la jeune fille entend, elle entend le bruit de l’eau qui coule, le bruit de la rivière, comme une veine traversant la verdure, et sous le conseil de son camarade ouvre les yeux pour admirer. Le soleil est couchant, mais le dégradé de teintes chaudes se reflète parfaitement sur l’eau créant là un admirable spectacle, celui d’une eau qui semble comme s’enflammer. Yano est admirative, et comme un enfant grave cette vue-là ou elle peut dans son esprit, la caractérisant comme un précieux souvenir. Et les deux enfants restent un moment à regarder, comme pour profiter du spectacle jusqu’à la dernière seconde. Et puis Akiyoshi lui fait signe que la marche va reprendre, au moment ou la luminosité se fait plus basse, incitant la demoiselle à fermer de nouveau ses yeux pour éviter la fatigue, et aussi lui montrer qu’elle a toute confiance en son ami. Ça l’aide un peu le garçon de savoir que quelqu’un lui fera toujours confiance et sera toujours là pour lui peu importe ses conneries, et dieu sait ce qu’elles sont nombreuses. Avoir quelqu’un qui ne juge pas à ses côtés est toujours quelque chose de réconfortant, or c’est là le cas de Yano ; elle ne juge pas, elle désire juste le savoir et la connaissance.

Sauf qu’au moment de la traversée alors que le soleil déjà est proche d’avoir fini de se couché, le garçon ne s’attendait pas à ce que les rochers soient humides après la pluie survenue plus tôt dans la journée, ni qu’il ne puisse pas les discerner clairement ou encore à ce que le courant soit si fort. Le poids de la demoiselle qu’il tire car incapable de voir clairement le gêne un peu aussi, et c’est tout hésitant mais incapable de le dire ou de reculer par fierté qu’il s’avance sur la pierre dépassant de la surface aqueuse. Et ce, sans pouvoir prédire qu’il glisserait pour s’éclater le crâne directement sur une de ses pierres dans un craquement sinistre, avant de tomber à l’eau, entraînant avec lui l’albinos, incapable de savoir ce qu’il se passe, incapable de voir ou de comprendre. Et quand bien même elle ouvre les yeux, trop tard, l’action est déjà faite, et le temps ne peut être remonté pour reculer et ne pas suivre un orgueil stupide. Et les deux corps tombent dans l’eau sans même se débattre face à la fatalité du destin, surement acceptant toute la violence de l’action dans un soupir déçu, déçu d’abandonner la vie si tôt. L’un est mort sur le coup, l’autre est morte noyée, les deux finissent leur vie par un 15 aout, apprenant aussi la cruelle réalité du destin.

Sommeil.
Obscurité.
Cycle.

L’albinos se réveille presque en sursaut dans son petit lit, avec l’impression d’être trempée, sans pour autant l’être, étrange sentiment sans fondement que voilà. Relevée brusquement, la demoiselle se laisse tomber, avec un soupir exprimant un sincère soulagement, sortant d’un rêve bien désagréable dont elle ne peut ni saisir le contenu ni le sens, abstrait. Yano se réveille par un 15 aout dont le matin se caractérise comme humide, pluie passée ou à venir.

Le garçon expose une nouvelle idée en ce même jour, durant une c matinée comme une autre de l’été, comme il en a l’habitude, de nature aventureuse et quelque peu impulsive, comme nombre de garçon de son âge.

-Tu veux pas qu’on aille voir les lucioles ce soir ? C’est joli à voir t’sais.

L’albinos lui signale qu’elle ne comprend pas vraiment par un ah quelque peu interrogatif. Il connait bien mieux la région qu’elle c’est un fait, parce que la demoiselle préfère rester à l’intérieur à collecter des informations, à lire des livres encore et encore, à la recherche de toutes les connaissances existantes, comme Pantagruel sous la demande de son père. Elle en veut toujours plus Yano, elle n’est pas satisfaite facilement.

-Les lucioles ?
-Ouais, y’a un arbre de l’aut’ côté de la rivière, elles viennent toutes d’ssus et c’est pas mal à voir. J’t’aiderai à traverser t’inquiètes.

La rivière, Yano n’est pas capable de la traverser seule, elle ne voit pas assez clair pour. Et puis l’albinos entend souvent que le courant est un peu fort par endroit, ne sachant pas nager c’est une perspective qui l’inquiète, sachant très bien qu’elle pourrait facilement se noyer. Elle sait de par Akiyoshi que des rocher dépassant de l’eau permettent de passer sans trop être mouillé et sans trop de risques, alors c’est presque avec soulagement de la présence d’un si bon guide que l’albinos accepte, quelque peu intriguée par le spectacle promis par son camarade de toujours.

Ce n’est même pas la première fois qu’il lui parle de ce fameux arbre à lucioles, qu’il décrit comme une des merveilles du monde, garçon tout le temps dans l’éxagération, comme n’ayant rien de mieux à faire. Il a déjà raconté à la malvoyante qu’il l’avait trouvé en se perdant dans la forêt, comme il arrive si souvent à le faire. Comme Akiyoshi se plait à le répéter, il est un homme d’action et à besoin d’explorer et d’aventure. Un village et les champs alentours ne saurait satisfaire sa curiosité de l’extérieur, d’où de nombreuses balades à droite et gauche, pour découvrir toujours de nouvelles choses. Une fois, c’était des oiseaux ou un terrier de lapins, une autre un endroit ou le soleil semble se refléter sur l’eau créant ainsi une surface brillante telle du cristal. Dans tous les cas, le garçon avait ce don pour trouver des choses pour le simple plaisir des yeux, des lieux dont la vue redonne le sourire, à la façon d’un simple remède miracle.

Aussi, c’est avec le sourire que le garçon lui prend la main, comme hier et aujourd’hui, comme toujours dans ce geste réconfortant que la demoiselle chérit tant, celui qui lui permet de croire en une amitié qui durera toujours, encore aujourd’hui et demain. Yano a peu d’amis mais les chérit presque plus que sa propre vie, prônant les valeurs de l’amitié et la bonté. Le jour ou la jeune fille se mettra comme les autres à aimer l’argent et le prestige, elle sera devenue quelqu’un de mauvais, c’est la conclusion à laquelle elle est rapidement arrivée après analyse de comportements et lectures. Et à travers les petits chemins et la forêt verdoyante qu’elle ne regarde pas, Aki la traîne doucement, faisant attention aux potentiels endroits ou elle pourrait se prendre les pieds et tomber. Il sait que sa constitution est bien faible et qu’il suffirait d’une chute pour qu’elle écope d’un os cassé, ami bien attentionné que voilà.

Bientôt, les deux s’arrêtent, et la jeune fille entend, elle entend le bruit de l’eau qui coule, le bruit de la rivière, comme une veine traversant la verdure, et sous le conseil de son camarade ouvre les yeux pour admirer. Le soleil est couchant, mais le dégradé de teintes chaudes se reflète parfaitement sur l’eau créant là un admirable spectacle, celui d’une eau qui semble comme s’enflammer. Yano est admirative, et comme un enfant grave cette vue-là ou elle peut dans son esprit, la caractérisant comme un précieux souvenir. Et les deux enfants restent un moment à regarder, comme pour profiter du spectacle jusqu’à la dernière seconde. Et puis Akiyoshi lui fait signe que la marche va reprendre, au moment ou la luminosité se fait plus basse, incitant la demoiselle à fermer de nouveau ses yeux pour éviter la fatigue, et aussi lui montrer qu’elle a toute confiance en son ami. Ça l’aide un peu le garçon de savoir que quelqu’un lui fera toujours confiance et sera toujours là pour lui peu importe ses conneries, et dieu sait ce qu’elles sont nombreuses. Avoir quelqu’un qui ne juge pas à ses côtés est toujours quelque chose de réconfortant, or c’est là le cas de Yano ; elle ne juge pas, elle désire juste le savoir et la connaissance.

Sauf qu’au moment de la traversée alors que le soleil déjà est proche d’avoir fini de se couché, le garçon ne s’attendait pas à ce que les rochers soient humides après la pluie survenue plus tôt dans la journée, ni qu’il ne puisse pas les discerner clairement ou encore à ce que le courant soit si fort. Le poids de la demoiselle qu’il tire car incapable de voir clairement le gêne un peu aussi, et c’est tout hésitant mais incapable de le dire ou de reculer par fierté qu’il s’avance sur la pierre dépassant de la surface aqueuse. Et ce, sans pouvoir prédire qu’il glisserait pour s’éclater le crâne directement sur une de ses pierres dans un craquement sinistre, avant de tomber à l’eau, entraînant avec lui l’albinos, incapable de savoir ce qu’il se passe, incapable de voir ou de comprendre. Et quand bien même elle ouvre les yeux, trop tard, l’action est déjà faite, et le temps ne peut être remonté pour reculer et ne pas suivre un orgueil stupide. Et les deux corps tombent dans l’eau sans même se débattre face à la fatalité du destin, surement acceptant toute la violence de l’action dans un soupir déçu, déçu d’abandonner la vie si tôt. L’un est mort sur le coup, l’autre est morte noyée, les deux finissent leur vie par un 15 aout, apprenant aussi la cruelle réalité du destin pour la seconde fois.

Sommeil.
Obscurité.
Cycle.


Ce même rêve, la demoiselle le revit encore et encore, comme un sentiment persistant et refusant de s’éteindre, comme le mauvais gout qui persiste sur la langue et se refuse à partir. Et elle ne sait pas comment l’éviter, elle ne cherche plus vraiment, voyant à chaque fois de nouvelle fins, alternatives. Et avoir des migraines à cause de cela commence fortement à l’agacer, peut-être même plus que de perdre un ami encore et encore sans s’en rendre compte. La chasse aux lucioles jamais ne fini, elle continue à travers les âges, laissant derrière elle que des années passent sans qu’aucunes preuves ne persistent.

-Tu veux pas qu’on aille voir les lucioles ce soir ? C’est joli à voir t’sais. Enfin j'ai pensé que t'aimerais...
-Hm… Ah oui pardon, si tu veux.

Et le même schéma se reproduit, peu importe si l’heure varie légèrement ou si les deux enfants ne s’arrêtent pas pour regarder un peu le paysage. Akiyoshi ne glisse parfois pas, mais alors c’est au tour de la demoiselle de rater un pas et de ressentir la dure sensation de la pierre contre son corps, et de comprendre la douleur un instant avant de ressentir le froid de l’eau et de la mort, et ce sans pouvoir savoir que cette même scène se reproduit depuis trop longtemps déjà et qu’elle se reproduira encore longtemps. Deux enfants incapables de s’extirper du monde dans lequel ils sont tombés, comme Alice dans le terrier du lapin. Et avec un soupir le temps reprend son cours sur cette même journée du 15 aout.

Une fois encore près de la rivière, une fois encore Akiyoshi s’avance, comme ignorant le danger ou ne voulant pas l’admettre, un fait qui serait là peu étonnant. Et au moment ou le garçon glisse, il a le temps de sentir la main qui se dégage avec précipitation, comme dans une scène de film au ralenti, il a le temps de voir la jeune fille considérée comme sa camarade de toujours les yeux grands ouverts, effrayée de ce triste spectacle d’un ami qui se meurt à cause de son abandon. Et encore une fois un cycle, cette fois-ci le dernier, la fin d’un rêve qui dure déjà depuis trop longtemps. Yano ne saura jamais la noirceur de son geste d’abandonner un ami pour pouvoir continuer à vivre, l’oubliant comme tout, simplement pour faire comme tous les hommes, pour répondre à ses souhaits. Tout le monde répondrait oui à la question « Veux-tu vivre ? », et même l’albinos ou l’enfant qui ne reviendra pas des eaux profondes et agitées.

Sommeil.
Obscurité.
Renouveau.


Quand Yano se réveille, elle sort d’un rêve, un rêve tellement long qu’elle ne peut s’en souvenir ni en comprendre le sens. Pas de fragments, plus rien pour lui indiquer les événements passés. Mais surtout, plus de fragments d’Akiyoshi, plus rien, comme disparu avec les lucioles. Des recherches ont eues lieu, longtemps, véhiculant à chaque fois un certain espoir, pour finir par un abandon à chaque fois, tristement. Au cimetière du village, il y a une tombe sans cadavre à l’intérieur du cercueil, pour montrer l’espoir parti, et la mort d’un garçon qui aurait mérité de vivre.

Et Yano, elle a été triste, mais pas autant qu’elle l’aurait imaginé plus tôt. Plus que triste, elle se sent coupable sans trop savoir pourquoi, et sûrement qu’elle ne saura jamais pourquoi, et c’est peut-être mieux ainsi. Sauf si quelqu’un lui pose la question. L’albinos l’a découverte rapidement cette capacité à répondre aux questions des autres, et a vu cela comme un bien pour un mal, comme pour la réconforter dans la perte de son ami. Une perte bientôt trop difficile à supporter pour celle qui se retrouvera bientôt seule en permanence avec des questions ne pouvant trouver de réponses, et des informations à ne plus savoir quoi en faire.

C’est pourquoi Yano est partie en ville à 16 ans, pour fuir la tristesse de cet être cher disparu et enterré sans même avoir été confirmé vraiment mort, avec l’accord de ses parents, s’installant chez une sœur de sa mère. Une gentille femme peu contrariante mais aussi peu présente, restant tout de même de bonne compagnie quand son travail ne la retenait pas, possédant là une grande ouverture d’esprit et une sorte de fraîcheur propre. Et dans ce nouvel environnement, Yano abandonne aussi l’école par la même occasion, par manque d’intérêt, et de beaucoup d’autres choses, ne considérant pas les notions enseignées comme nécessaire, ou alors maîtrisées depuis longtemps dans son cas. Il est vrai que ses parents n’étaient pas consentants dans un premier temps pour un tel déménagement et l’arrêt de l’école, mais que faire face à la tristesse et mélancolie d’une adolescente ne pouvant déjà plus se fixer de but ou trouver de rêves quelconque ? C’est assez naturellement qu’elle a commencé à répondre aux interrogations des autres, installées sur une caisse dans une rue comme une autre, pour passer le temps, en échange d’un peu d’argent, simplement pour répondre à ce vieux rêve désormais loin que de celui de pouvoir répondre à toutes les questions. Répondre oui, mais à un prix que jamais la demoiselle ne connaîtra.


---

C’est un homme qui s’approche. La jeune fille ne le voit pas et ne peut donc pas le deviner par la vision, mais le rythme de ses pas en dis déjà long sur sa silhouette et corpulence. De par ce qu’elle entend, Yano déduit que l’individu de sexe masculin doit avoir plus ou moins la vingtaine, et vu la cadence lente de ses pas, doit être soit un peu fort soit fatigué, et donc dans le cadre de la seconde possibilité, posséder des cernes ou marque attestant de la fatigue. Il s’approche lentement, la demoiselle compte les pas qui s’enchaînent avant de déduire que le nouveau venu doit se trouver face à la caisse sur laquelle elle est assise, sa canne usée à ses pieds, prête à travailler à sa façon.

-C’est toi la gamine qui vend des informations ?

Et ce n’est que maintenant que la petite Yano ouvre ses yeux, ses grand yeux bleu-vert, vides et dénués de toute émotion.  Ils font peur les yeux de Yano, la plupart des gens reculent à cause du gouffre présent dans ces iris. Pour certain ça signifie que la jeune fille n’a pas eu une vie facile, mais la vérité est telle qu’en fait c’est surtout car la demoiselle n’y voit rien. Penchant la tête sur le côté dans un geste enfantin, elle affiche un sourire, et renifle avant de prendre la parole, éternelle enrhumée que voilà.

-Tout est relatif.

Balançant ses petits pieds humblement chaussés de chaussettes amples et ballerines au-dessus de la caisse, l’albinos prend une seconde pour inspecter la rue dans laquelle elle a encore une voix élu domicile pour un jour. Les passants dans une rue perpendiculaire plus large représentent un tout autre monde, bien éloigné de la petite Yano et de son petit commerce. Elle n’a pas encore les tripes de se mêler à la foule, parce qu’elle finirait inexorablement noyée sous la normalité des autres individus, et que ça l’effraie, simplement. Pour l’instant, la crasse et la poussière de cette petite rue ou se battent parfois quelques chats pour manger, lui suffit amplement, jusqu’au jour ou enfin elle sera prête à agir en société, à briller par ses propres moyens. Inspirant longuement et lentement, sentant les battements de cœur résonner à ses oreilles, preuve qu’elle est en vie, l’albinos relève doucement la tête, et encore plus doucement ouvre les yeux pour fixer l’autre.

-Alors, quelle est ta question ?..

Fixé, l’homme est fixé par la demoiselle dont la vue ne lui permet pas de vivre pleinement, fixé par la gamine qui recherche encore un but dans sa vie insignifiante, fixé par la jeune fille qui vendrait des informations même au pire des connards pour peu qu’il la paye. La petite Yano le fixe sans émotions particulière de ses iris rouge, tout comme le sang du crâne de deux gamins, éclatés par un 15 août chaud et sec.
-Oh tout d’abord, je dois juste te rappeler les 3 règles de mon marché. Premièrement, les informations seront demandées sous forme de question. Deuxièmement, le paiement sera demandé entre la question et la réponse et le vendeur se réserve le droit d’imposer le prix. Troisièmement et pour conclure, aucune information ne devra être demandée sur la vie du vendeur. Cela vous semble-t-il acceptable ?

L’homme hoche la tête, l’albinos souris, satisfaite. Peu importe qui viendra lui poser des questions, tant qu’il respectera ces trois règles, elle s’engagera à lui fournir des réponses. Enfin des réponses qu’elle ne peut pas conserver en tête, s’effaçant naturellement de son esprit rapidement après les avoir énoncées, comme si l’albinos faisait là une prophétie. Alors la demoiselle note les réponses intéressantes, et laisse les autres disparaître de son esprit avec le vent qui souffle, tout naturellement. Un dernier sourire sur le visage de l’albinos.

« Tu sais Aki, les lucioles, je n’ai jamais réussi à les trouver au final. »

Des pleurs se font entendre, ceux d’une enfant ayant grandie trop vite, ayant désiré tout savoir, et regrettant maintenant ce geste égoïste sans pour autant vouloir abandonner sa nouvelle capacité.
code © perry sur apple-spring ▬ 2014


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MessageSujet: Re: i shouldn't cry, i shouldn't cry -- yano   Sam 6 Déc - 0:02

Woah Misamin qui poste toute la fiche d'un coup woah GG j'arrive pas à faire ça moi OTL

J'ai pas encore lu mais j'ai une chose à dire : "Mes sourcils ont le permis B." *se pend*
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MessageSujet: Re: i shouldn't cry, i shouldn't cry -- yano   Sam 6 Déc - 0:17

Non mais en fait je préparais la fiche depuis un moment et je savais pas encore trop ou caser le personnage, mais au final c'est ici que je pourrai faire le plus de choses je pense =w="

T'as vu un peu le pouvoir des sourcils, prosterne toi pauvre mortel /brique
Empêchez moi de dire de la merde sur ma fiche sérieusement.
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MessageSujet: Re: i shouldn't cry, i shouldn't cry -- yano   Ven 12 Déc - 23:17

Coucou c'est moiiiii (tard mais là)
bah écoute j'ai rien à dire, tu commences à connaître la maison de toute façon.
pssst, j'adore Yano (et Tami et elle se ressemblent beaucoup niveau histoire c'est le retour de la télépathie)
tu es validée misamisa! /o/
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i shouldn't cry, i shouldn't cry -- yano
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